L'équipe du professeur Mayer, de l'Institut
des sciences des matériaux de l'Université autrichienne de Leoben,
a mis au point un nouveau béton résistant mieux à des températures
élevées.
L'expérience
Un béton normal est composé de quartz mais aussi de pierres carbonatées
comme la chaux et la dolomite. Lors d'un incendie, d'une part,
le quartz subit des changements dommageables, ce qui fragilise
la structure ; d'autre part, la dolomite et la chaux se décomposent
et perdent environ la moitié de leur masse sous forme du gaz carbonique
et l'eau piégée dans le béton se dégage et réagit avec la chaux
pour former de la chaux hydratée, corrosive et donc extrêmement
dangereuse.
L'innovation de l'équipe du Professeur Mayer consiste à ajouter
à un béton « normal » une quantité très précise d'un minéral composé
d'hydrosilicate de fer et de magnésium pour accroître sa teneur
en eau : plus de 200 litres d'eau dans un mètre cube .
Les résultats
Premièrement, cette eau reste liée au béton jusqu'a une température
de 700°C (contre 150°C pour un béton normal) et retarde donc significativement
le moment où la chaux hydratée commence à se former.

Tunnel du Mont Blanc entre la France et l'Italie.
Le 24 mars 1999, un feu s'est déclaré dans un camion transportant
de la margarine, produisant des températures atteignant 1000°C.
35 personnes ont péri dans l'incendie. © AP/PTI
Deuxièmement, la présence de cette eau « supplémentaire » permet
de refroidir les gaz qui s'échappent lors de l'incendie, de purifier
l'air et d'endiguer la propagation du feu. Pour tester ce nouveau
béton dans des conditions d'utilisations proches de la réalité,
une portion de tunnel a été bâtie avec ce nouveau matériau.
Résultat : soumise a une pression de 60 tonnes (équivalente a
celle d'une montagne), la structure a résisté pendant trois heures
a une température de 1 200°C !
A quelques
modifications près, j'ai écrit cet article pour
le site Futura Sciences.
( Actualité
: Un béton plus sûr en cas d'incendie - 08 février
2005)
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